Debora Waldman en fosse dans cette nouvelle production à l’Opéra de Marseille. Le reflet, la résonance, le « cours des choses », régissent sa lecture, comme un processus de voix parlée, en adaptation à son environnement. Cela passe donc par des inflexions, des ponctuations et des silences fugaces. L’art d’orfèvre de la cheffe – plutôt que la recherche d’une émotion imposée – réside à suspendre les instants sans les pétrifier, à ne pas s’interdire de réécrire en temps réel le caractère des protagonistes, à trouver la juste peinture des émotions. Dans la transparence, elle efface ce qui pourrait sonner trop « gros », arrondit les départs, assouplit la phrase, puisque la disparition naturelle du son a davantage de valeur que l’affirmation de sa profondeur.